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Esquisse historique
sur
MONTMORENCY BEAUFORT
(anciennement Beaufort)
Aube
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SOMMAIRE
1.
Références
2. Esquisse historique
3. Des origines à la guerre de 100 ans
4. La Guerre de 100 ans
5. De Louis XI à la Révolution
6. La Révolution
7. L'empire et la Restauration
8. Le second Empire
9. La troisième République
10. L'école
11. La Voire
12. Appendice
12.1. Liste des prêtres qui ont exercé
à Montmorency
12.2. Liste des anciens maires depuis la création
de la municipalité
12.3. Redevances Payées au Moyen-Age au seigneur
de Beaufort
12.4. Transaction entre M . le Duc de Nivernais
et les habitants et manants de Beaufort, Lentilles, Villeret, Morcey,
Hamtel et Surmont (21 AOUT 1556)
12.5. Personnages célèbres nés
ou ayant habité Montmorency de 1657 à 1793.
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1.
Références
Abbé GEORGE
: Les comtes de Rosnay
Léon PIGEOTTE
: Les anciens seigneurs de Beaufort
A BARDET : L'hospice
de Brienne (1903)
BOUTIOT : Histoire
de la ville de Troyes
L'Arcisien (année 1864)
Almanach de Champagne et de Brie
Lucien MOREL : Notes
statistiques sur les désastres éprouvés par la Champagne
méridionale, de 1638 à1657
Alphonse ROSEROT :
Rôle des fiefs du bailliage de Chaumont
Abbé A. PREVOST
: Les redevances seigneuriales au Moyen-âge dans le comté
de Rosnay
DERISSON :Une transaction
entre le Duc de Nivernais et la commune d'Hampigny (1556)
Archives de l'Aube
Archives communales
et du syndicat de la Voire
Registres de l'état
civil et des délibérations
Le but de cette monographie
n'est pas d'apporter des faits nouveaux sur l'histoire du Moyen-âge
de Beaufort, que des historiens de talents comme l'abbé George,
Pigeotte, A Bardet, Boutiot, A. Babeau, etc., ont rapportés dans
différents ouvrages, mais de résumer tous ces faits, d'y
ajouter des renseignements puisés aux archives de l'Aube et aux
archives communales, de les présenter dans l'ordre chronologique
et de s'efforcer de rattacher l'histoire locale de Montmorency à
l'histoire générale de la France.
Notre but sera atteint si ce modeste travail peut intéresser les
habitants de Montmorency et des environs et faire revivre quelques épisodes
de la vie passée.
P.B
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2. Esquisse
historique
sur
MONTMORENCY
BEAUFORT
(anciennement Beaufort)
Montmorency-Beaufort (autrefois Beaufort) se trouve à une cinquantaine
de kilomètres de Troyes et à 30 kilomètres de Bar-sur-Aube.
Dès 1790, a fait partie du district de Bar-sur-Aube; chef-lieu
de canton (arrêté du 29 janvier 1790), canton de Rosnay (arrêté
du 29 novembre 1790), canton de Brienne (arrêté du 27 fructidor
an IX), arrondissement d'Arcis, canton de Chavanges (loi du 22 mai 1840),
arrondissement de Bar-sur-Aube, canton de Chavanges (1926).
Au point de vue géologique , il est à la limite de la Champagne
humide et de la Champagne crayeuse.
Altitude : 125 mètres.
Population : 203 habitants (recensement de 1931).
Superficie : 938 hectares.
Le voyageur qui vient de Troyes est étonné de remarquer
qu'au-dessus du village se dresse une immense butte de plus de deux hectares
de superficie, et élevée d'une trentaine de mètres,
qui semble écraser le village d'une puissance aujourd'hui disparue.
Si ce voyageur cherche à se renseigner, l'habitant ne manquera
pas de lui dire qu'en ce lieu se dressait, autrefois, un château
fort qui eut une certaine célébrité au Moyen-âge.
C'est pourquoi, attire par cette vie active qui régna jadis à
Montmorency, nous allons essayer de faire revivre les souvenirs de notre
modeste village.
Avant 1689, Montmorency s'appelait Beaufort, et c'est surtout de Beaufort
que nous allons parler, car dans notre vieille province de Champagne la
châtellenie de Beaufort a été d'une importance incontestable.
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3.
Des origines à la guerre de 100 ans
Beaufort (Belfortis, Bellumforte) semble dater de l'époque carolingienne,
mais à cette époque nous n'avons pu retrouver un fait précis
qui le mentionne.
Ce n'est qu'au XI° siècle que de nombreuses chartes de libéralités,
faites par les seigneurs de Beaufort à l'abbaye de la Chapelle
aux Planches(1), précisent l'histoire de Beaufort
à cette époque.
Le premier document concernant la châtellenie de Beaufort est une
charte de donation qui date de 1060 environ(2). La châtellenie
de Beaufort appartenait à Hugues Bardoul Ier seigneur de Broyes
et de Beaufort. A sa mort, vers 1080, Beaufort est lègué
à son petit-fils Hugues Bardoul II.
Puis le fils de ce dernier, Simon Ier , qui épousa Agnès
de Ramerupt, eut de ce mariage un seul enfant, une fille, Félicité,
qui, vers 1189, se maria avec Hugues, Comte de Rethel, et ainsi la chatellenie
de Beaufort devient propriété des comtes de Rethel.
Beaufort se trouva successivement appartenir aux comtes de Rethel : Jean,
Gaucher, Manassès, Jean de Thourotte, Manassès IV, qui vendit
la seigneurie.
Le comte de Rosnay, qui devait devenir Henry III, comte de Champagne et
roi de Navarre, avait épousé, en 1269 , la nièce
du roi Saint-Louis, Blanche d'Artois. Blanche avait apporté en
dot 25.000 livres tournois sous condition de faire emploi d'une partie
de cette somme en immeubles. Ce fut alors que Blanche d'Artois acheta,
en juin 1270, a Manassès IV, comte de Rethel, la seigneurie de
Beaufort, moyennant 7.000 livres tournois (3 à 4 millions de notre
monnaie actuelle).
Mais Henry III, comte de Champagne, meurt en 1274, et Blanche d'Artois
se remarie vers 1276 avec Edmond d'Angleterre, comte de Lancastre, de
Chester, de Derby et de Leicester. Et ainsi les comtes de Lancastre deviennent
seigneurs de Beaufort.
Vers cette époque, les seigneurs de Beaufort avaient fondé,
dans leur château même, un Chapitre sous le titre de Saint
Thomas de Cantorberie, en souvenir de saint Thomas Becket qui, de l'abbaye
de Pontigny, vient, en 1165, consacrer l'église inférieure
de Rosnay. Ce chapitre était composé, à l'origine,
d'un doyen et de deux chanoines à la collation du seigneur du lieu.
Dans la suite, il fut réduit à un chapelain et, plus tard,
le curé jouit seul de trois bénéfices à la
charge de douze messes basses annuelles et d'une messe solennelle le jour
de Saint-Thomas. Il paraît que les cloches du chapitre étaient
placées au sommet de la grosse tour du château.
(1) L'abbaye
de la Chapelle aux Planches, de l'Ordre de Premontré, était située sur
les bords de l'étang de la Horre, commune de Puellemontier (Haute-Marne).
(2)Par cette charte, Bardoul
Ier donnait à l'abbaye de Montier en Der un terrain situé près du château
de Beaufort, pour la construction
d'une église.
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4.
La Guerre de 100 ans
Pendant plus d'un siècle (de 1346 à 1453), notre pays va
être dévasté par les invasions anglaises. Le royaume
est dans une situation lamentable et le peuple ne fut peut-être
jamais aussi malheureux qu'à cette époque.
Beaufort devait prendre, pendant cette période de troubles et de
misère, une place importante.
" Jehan, fils du noble roy d"Angleterre, duc de Lanquastre,
comte de Richemont, de Derby, de Nicol et de Leicester, seigneur de Beaufort
" occupa le château de Beaufort et de sa liaison avec Catherine
Roël, veuve d'un chevalier anglais, naquirent quatre enfants :
1° Jean de Beaufort, chef de la branche des ducs de Sommerset actuels
;
2° Le Cardinal Henry de Beaufort, évêque de Lincoln,
décédé en 1477 ;
3° Thomas de Beaufort duc d'Excester ;
4° Jeanne de Beaufort.
Nous devons mentionner que le second
fils de Jean de Gant, le cardinal Henry de Beaufort, fut un des juges
qui condamna Jeanne d'Arc à la peine de mort.
Au XIV° siècle, les possessions anglaises, dans notre France,
étaient arrivées à représenter ce que sont
actuellement nos colonies, et Beaufort était devenu propriété
anglaise, au milieu de la province de Champagne.
C'est par Beaufort et Rosnay que les Anglais pénétrèrent
en Champagne.
En 1358, la Champagne était parcourue en tous sens par ces gens
de guerre dont le repaire était Beaufort.
Messire Pierre Dudley ou d'Audelée, redoutable capitaine anglais,
était réfugié au château de Beaufort avec une
forte garnison et repoussait toutes les attaques dirigées contre
lui. On retrouve que la ville de Troyes paya 369 livres 12 deniers pour
" prix de plusieurs manteaux, eschelles, et autres engins de guerre
" préparés et achetés pour aller assiéger
le château de Beaufort (1359).
Faisant d'audacieuses randonnées dans toute la région, les
troupes de Pierre Dudley pillèrent, un dimanche de 1358, l'église
de Rosnay et, en 1359, entreprirent une randonnée contre Châlons-sur-Marne,
qu'ils faillirent surprendre.
Toutes les attaques contre Beaufort n'eurent aucun succès, sinon
de ravager le pays environnant et d'occasionner la plus effroyable misère.
C'est, qu'en effet, le château de Beaufort dominant la vaste plaine
de Brienne, défendu au nord et à l'ouest par des fossés
profonds de 12 mètres, était, à cette époque,
imprenable.
La construction, qui datait du XI° siècle, était massive
et imposante. La grosse tour avait 40 mètres de circonférence
extérieure avec une élévation de 27 mètres,
non compris la toiture. L'épaisseur des murs était de 3
mètres. Elle communiquait au dehors, lorsque le château était
assiégé, par des souterrains taillés à même
dans la craie, et qui débouchaient soit dans des maisons particulières,
soit en rase campagne. Aujourd'hui encore, on retrouve trace de ces souterrains,
mais dans lesquels personne n'a osé s'aventurer.
Indépendamment de cette grosse tour, le château en possédait
encore plusieurs autres, moins considérables (en 1764, les ruines
s'élevaient encore à 14 mètres).
Il existait, en outre, tout au sommet de la côte la plus proche,
une tourelle au haut de laquelle une sentinelle veillait nuit et jour.
Ce ne fut donc qu'une dizaine d'années après, en 1369, que
le château fut livré, par trahison, au roi de France.
A cette époque, le duc de Lancastre, Jean de Gand, tenait encore
le château de Beaufort et il y avait placé en qualité
de capitaine, un écuyer anglais, Jacques Win, connu sous le nom
de " Poursuivant d'Amour ".
Froissard dit, en parlant de lui : " il avoit si enamoure le royaume
de France qu'il se trouva françois, jura loyauté et foi
à tenir de ce jour comme bon françois, au roi de France
".
Et, en 1369, lorsque la guerre recommença entre le roi d'Angleterre
et le roi de France par amour pour le pays qu'il habitait (et aussi peut-être
par haine envers les rois anglais) le " Poursuivant d'amour "
prit parti pour Charles V.
Le château de Beaufort et toute la seigneurie fit partie désormais
du domaine royal et devint le moyen de récompenser les grands services
rendus à la couronne
Le roi de France laissa à Jacques Win la garde du château
de Beaufort, l'un des mieux fortifiés de la province.
Charles V disposa donc de la châtellenie de Beaufort et la donna
à Jean II, comte de Tancarville, son chambellan.
Charles VI, son fils, par lettres patentes en date du 16 mars 1380, la
donna au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi.
Ce dernier, en 1397, taxa Beaufort 2.000 livres (300.00 francs environ
de notre monnaie), pour concourir à fournir la rançon demandée
pour le rachat de son fils ainé, Jean, comte de Nevers, fait prisonnier
par les Hongrois (28 septembre 1396).
Ensuite la châtellenie de Beaufort passa à Charles III, roi
de Navarre et duc de Nemours (1404), puis à Jacques d'Armagnac.
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5. De Louis
XI à la Révolution
Coupable de trahison, Jacques d'Armagnac fut condamné à
mort par Louis XI (4 avril 1477) et la châtellenie de Beaufort redevint
domaine royal.
Le 17 juillet 1479, Louis XI fit don en viager, à Thierry III de
Lenoncourt, du comté de Beaufort, Larzicourt, Soulaines.
En 1504, le roi de France, Louis XII, donna Beaufort à son neveu,
Gaston de Foix. La seigneurie de Beaufort resta à la famille des
Foix jusqu'en 1553. Ensuite, elle passa à François I°
de Clèves, duc de Nivernais, comte d'Eu, qui, en août 1556,
par une transaction entre Beaufort, Hampigny, Lentilles, Villeret, Longeville
et lui, fit don, aux habitants de ces communes, des prairies du Ham et
d'une carrière sise à Beaufort.
Les guerres de religion eurent leurs répercussions dans le village
de Beaufort. Les deux partis, catholiques et protestants, furent aux prises.
Le château-fort fut en partie démoli et les nombreuses traces
de projectiles que l'on remarque encore aujourd'hui sur les murs de l'église,
attestent à la fois, la violence de l'attaque et l'énergie
de la défense.
Le 6 juillet 1597, la duchesse de Guise, descendante de la maison de Foix,
vendit le comté de Beaufort et toutes ses dépendances à
Gabrielle d'Estrèe, maîtresse de Henry IV.
Aussitôt cette acquisition, Henry IV réunit le comté
de Beaufort à la baronnie de Jaucourt et les érigea en duché-pairie
en faveur du duc de Vendôme, son fils naturel, né de Gabrielle
d'Estrée.
César, duc de Vendôme et de Beaufort, eut deux fils et, à
sa mort, en 1665, son fils François duc de Beaufort - le célèbre
roi des Halles - devint le propriétaire de Beaufort jusqu'en 1669.
De 1638 à 1657, la Champagne est desolée pendant près
de vingt ans par des bandes de soldats ne commettant qu'actes de brigandages
.
Les troupes de Turenne et du maréchal de La Ferté ravagent
Beaufort. Le curé de Beaufort, nommé Lemoyne atteste, dans
un rapport qu'il envoie à ses supérieurs, que les Lorrains
ont pillé et ravagé deux fois sa paroisse, où ils
ont tué une douzaine de personnes : que lui-même s'est enfui
dans les bois, ou il est demeuré six semaines.
Mais François de Beaufort, ruiné par ses excès, ne
laisse que des dettes à sa famille et, par contrat en date du 18
mars 1688, son héritier, le duc de Vendôme, vendit à
Charles de Montmorency-Luxembourg le duché-prairie de Beaufort,
comprenant Beaufort, Soulaines, Larzicourt et Jaucourt, moyennant 460.000
livres
Par lettres patentes d'octobre 1689, Louis XIV décida que, désormais,
Beaufort serait appelé Montmorency. Le duché de Montmorency
forma alors un bailliage dépendant, pour les appels de Paris, pour
les cas royaux de Chaumont.
De Louis XIV à la Révolution, l'histoire a perdu trace de
faits saillants.
Pourtant nous tenons à dire que le terrible hiver de 1709, qui
achevait de ruiner la France déjà si éprouvée
par les guerres de Louis XIV, fit aussi de terribles ravages à
Montmorency : 61 personnes meurent, dont 40 enfants de moins de 7 ans,
au cours de cet hiver rigoureux.
Nous citerons aussi ces deux mentions, inscrites sur les registres de
l'état civil par le curé Mony, prêtre de Montmorency,
et qui font état de deux années exceptionnelles au cours
de ce XVIII° siècle.
1° " L'an mil sept cent quatre vingt un, on a mangé du
pain de seigle le 13 juin et le 14 on a commencé la moisson partout.
On a dit et célébré la messe le 15 juillet avec du
vin nouveau et on a vendangé les jardins de la paroisse le 7 septembre
et les autres vendanges se sont faites le 18, avec une abondance sans
pareille. Un jardin de 3 denrées a produit 20 muids de vin. Les
vignes du pays ont produit 4 muids la denrée. Il faut observer
que depuis le 27 février jusqu'à la Saint Jean, il n'y a
point eu de pluie, ce qui a rendu l'année si sèche que les
avoines et les orges ont manqué et à Noël les sources
des puits et fontaines n'étaient pas remplies. Il y a rareté
de fourrage .
Requiescat in pace. signé : Mony, curé "
La deuxième note et ainsi conçue :
" L'an mil sept cent quatre-vingt huit, la gelée de cette
année a commencé à la fête de tous les saints
et a duré jusqu'à celle des rois, pareille à l'année
1709. Cherté du grain de toute espèce et rareté des
eaux. Heureusement les moulins à vent qui ont absolument remplacé
ceux à eaux ne pouvant tourner à cause des glaces qui étaient
de plus de 4 pieds ½ d'épaisseur... Il y a eu des charités
considérables dans toutes les villes pour soulager les malheureux,
et nombre, malgré cela, sont morts tant de froid que de nécessité.
Le dégel est venu cependant pour faire beaucoup de ravages et les
blés qui n'étaient pas levés ont commencé
à paraître, ce qui a réjoui les cultivateurs.
Deus Astra regit : signé Mony, curé. "
Avant la Révolution, Montmorency possédait une maladrerie
de fondation royale, et un grenier à sel, construit avec les débris
de l'ancien château. A ce grenier, les habitants de 99 communes
venaient faire leur provision de sel.
Nous insisterons plus longuement sur la maladrerie, dont les biens procurent
encore aujourd'hui 165 francs de revenus à la commune.
C'est M. Alfred Bardet, dans son ouvrage : " L'Hopital de Brienne
", qui en fait mention.
La maladrerie de Beaufort, de fondation royale à la nomination
du grand aumônier de France, était une maison religieuse
où les personnes atteintes de la lèpre (maladie très
répandue autrefois) étaient tenues de rester. Le lépreux
ne devait ni manger, ni boire, en dehors de la maladrerie, un costume
particulier le signalait aux passants pour les écarter de son voisinage,
jugé dangereux.
La maladrerie de Beaufort possédait des biens ; mais, par deux
arrêts du conseil royal rendus les 7 septembre 1693 et 4 janvier
1695, la maladrerie de Beaufort fut incorporée à l'Hôpital
de Brienne, à condition que cet hôpital reçoive les
malades pauvres de Beaufort en proportion des revenus de l'ancienne maladrerie.
" Ce droit rarement exercé était tombé, dit
M. Alfred Bardet, dans une si profonde désuétude en 1826,
que quelques vieillards seuls en connaissaient l'existence. Le maire de
cette époque, M. Bonnescuelle-Duplessy, guidé par leurs
vagues souvenirs, fit d'actives et utiles démarches pour le faire
revivre. Ignorant l'origine de ce droit si précieux pour les pauvres
de sa commune, il invoquait une prétendue donation faite à
l'hospice de Brienne par une dame Navelet, morte à Rosnay en 1725,
qui aurait fondé deux lits au profit des pauvres de Montmorency.
Le titre de cette donation ne pouvait être énoncé
faute de renseignements, ni produit, se trouvant, disait-on, perdu depuis
longtemps. "
" Les commissaires administrateurs de l'hôpital de Brienne,
mieux renseignés par leurs archives, reconnurent l'origine exacte
du droit réclamé, mais non sous la forme de deux lits dotés
par une fondation particulière. "
Ils consentirent, en 1827, à accorder aux bénéficiaires
les secours hospitaliers jusqu'à concurrence du revenu des biens
de l'ancienne maladrerie(3) de Beaufort, mais avec déduction
d'une part proportionnelle dans les charges générales de
l'hôpital.
Un accord intervint donc, le 21 avril 1831, entre l'hospice de Brienne
et la commune de Montmorency. Depuis cette époque, en vertu de
cet arrangement, l'hôpital de Brienne ne reçoit plus les
pauvres de Montmorency, mais verse, à la commune, le tiers du revenu
des biens qu'il possède.
(3) Ces biens comprennent plus
de 8 hectares de terres, près et bois, sur les territoires de Montmorency
et de Lentilles.
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6.
La Révolution
1789. Grand mouvement du peuple des villes pour sa libération.
Mais les paysans secouent à leur tour le joug séculaire
des privilégiés. Montmorency participe modestement à
la lutte révolutionnaire. Partout les esprits sont excites contre
les nobles; le duc de Montmorency le comprit si bien que, dès juillet
1789, après la prise de la Bastille, il s'employa, par ses dons,
à se faire aimer des citoyens qui avaient été pendant
si longtemps ses sujets :
et le " très haut, très puissant et très illustre
seigneur, Monseigneur Anne-Léon de Montmorency, premier baron chrétien,
et premier baron de France, chef des noms et armes de la maison, prince
souverain d'Aigremont, maréchal des camps et armées du roy,
cousin de feu Monseigneur le Dauphin, connétable de Normandie ",
faisait savoir, le 22 juillet 1789, qu'il donnait 29 livres de rentes
annuelles aux pauvres de Montmorency.
Les grandes journées révolutionnaires de 1789 n'ont pas
de répercussions à Montmorency, et ce n'est que le 18 mars
1790 que le conseil général de la commune s'organise.
L'assemblée chargée désormais de l'administration
communale comprend :
MM. Révillon, maire, Jacques Courtalon et Etienne Lefol, officiers
municipaux, Jean Picard, Jean-Baptiste Collet, Nicolas Masse, Jacques
Drouin, François Perrin et Jacques Gombault, notables. Jérôme
Vauthier est nommé officier de police le 3 avril 1790.
Le conseil général de la commune est entièrement
dévoué aux idées révolutionnaires et la lettre
ci-dessous, écrite le 25 avril 1790, en réponse à
la demande, faite par la ville de Troyes, de participer à une confédération
patriotique pour le maintien de la constitution le prouve :
" Messieurs, nous n'avons pu répondre à la lettre que
vous nous avez fait l'honneur de nous écrire au sujet de votre
délibération du 14 du mois dernier, elle ne nous est presque
parvenue qu'au moment où nous avons eu connaissance du décret
qu'elle a occasionné et nous avons vu avec plaisir que la crainte,
dont vous nous faisiez part et dont nous étions pénétrés
comme vous, paraissait heureusement dissipée
Nous sommes
fâchés de ne pouvoir vous envoyer un député
pour concerter de la confédération que vous nous proposez,
mais elle existe dans nos curs et nous mettrons toujours le plus
grand zèle et le plus grand empressement à défendre
la Constitution que nous avons juré de maintenir de tout notre
pouvoir.
" Signé : Revillon, Masse, Perrin, Lefol, Drouin, Collet,
Gombault, Courtalon. "
C'est le 12 mai 1790 que la municipalité
organise une garde nationale pour " prévenir les troubles
que les circonstances peuvent faire naître et veiller à la
tranquillité générale " et " donner ainsi
des preuves de son patriotisme et de son zèle pour le soutien de
la Constitution. "
La garde nationale est ainsi composée
:
Colonel : Pargny
Lieutenant-colonel : Nicolas Jacquot.
Major : Jacques Gombault
Lieutenant porte-étendard : Jean-Baptiste Proquez.
Tambour : Jean-Baptiste Charuet
Puis deux compagnies sont formées. La première, qui comprend
18 hommes, est commandée par le capitaine Jean-Baptiste Ragon et
par le lieutenant Paul Simon-Chatel, les sergents Jean-Baptiste Collet
le jeune, et Louis Lefol. La deuxième compagnie est commandée
par le capitaine Claude Laurent, le lieutenant Jean Lefèvre, les
sergents Etienne Gallot et Pierre Blin, et comprenait 16 soldats. Le 25
mai 1790, la garde nationale fut dotée, par la commune, d'un drapeau
et de cocardes.
La commune, sagement administrée par le citoyen Revillon, applique
ponctuellement les décisions de l'Assemblée Nationale et
la garde nationale, qui garde le village, n'est, en aucun cas, obligée
d'intervenir. la Révolution violente de Paris se poursuit dans
le calme à Montmorency.
Pourtant, un fait mérite d'être signalé :
Le 27 novembre 1790, l'Assemblée Nationale décide que les
prêtres devront jurer fidélité à la constitution
: le citoyen Baturier, curé de Montmorency, ci-devant Beaufort,
fait publier le 2 février 1791, l'avis suivant :
" Je soussigné, prêtre, curé de Montmorency,
déclare qu'en vertu d'un décret de l'Assemblée Nationale
du 27 novembre, sanctionné par le Roy le 26 décembre 1790,
concernant la prestation de serment civique de tous les ecclésiastiques,
fonctionnaires publics, mon intention est de prêter serment dimanche
prochain 6 du mois de février, à l'issue de la messe paroissiale,
en l'église de ce lieu. "
Et le 6 février, en présence de Etienne Lefol, de François
Perrin, de Jacques CourtaLon et de Jean-Baptiste Collet, M. Baturier monte
en chaire, lève la main et jure solennellement de veiller avec
soin sur les fidèles de la paroisse et de maintenir de tout son
pouvoir la Constitution.
Un autre prêtre nommé Sevestre, domicilié en cette
commune mais n'y exerçant pas, prête le même serment
quelques mois plus tard .
1792 - L'Assemblée législative a déclaré la
guerre à l'Autriche et les armées ennemies envahissent la
France. L'Assemblée législative décrète que
la patrie est en danger et fait appel aux volontaires qui désirent
combattre dans les armées de la Révolution.
Le maire convoque immédiatement l'Assemblée générale
de tous les habitants et, dans un appel enflammé, il demande aux
jeunes gens solides et non indispensables à la vie du village d'aller
combattre les ennemis de la Constitution
Les citoyens Lefol, Mathieu et Chatel s'engagent et partent pour l'armée,
accompagnés jusqu'à Rosnay par un grand nombre d'habitants.
Mais la guerre dure. Contre toute l'Europe coalisée contre nous,
les armées de la Révolution luttent victorieusement ; il
faut que le patriotisme des paysans aide efficacement le patriotisme des
soldats.
A Montmorency, les hommes extraient, de la côte située lieu
dit " La Voie Creuse " et de la " Grande Perrière
", les pierres salpêtrées qu'ils transportent à
Rosnay pour être lavées et pour fabriquer la poudre. Les
femmes confectionnent et offrent à nos soldats des chemises, des
bas. Collet, le cordonnier, envoie des souliers.
Mais bientôt la Révolution demande à nouveau des soldats
et, en 1793,la Convention lève une armée de 300.000 hommes
pour " abattre les tyrans ".
Montmorency fait un nouveau sacrifice :
Charles Cornet, Claude Ruert, Charles Courtalon, Etienne Lefol et six
autres jeunes citoyens partent rejoindre l'Armée de Sambre et Meuse.
Les réquisitions sont nombreuses et la commune doit fournir d'importants
contingents de blé , d'avoine et de seigle, des chevaux, des voitures.
Tous ces sacrifices, pour la liberté si durement acquise, sont
faits par la majorité des habitants, sinon avec enthousiasme, mais
du moins sans plaintes.
Il est à signaler que le citoyen Louis Ledoux refuse d'aider et,
le 27 pluviose an III, il dit publiquement qu'il préfère
tuer son cheval d'un coup de pistolet que de le donner en réquisition.
Pourtant, il semble que c'est ce même Ledoux qui, le 4 ventose an
IV, marie sa fille Théodorine Ledoux avec le général
de division Bonnaud, qui fut divisionnaire sous Pichegru dans le Nord,
sous Hoche en Vendée, et sous Jourdan à l'armée de
Sambre et Meuse.
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7.
L'empire et la Restauration
Pendant dix ans, Napoléon I°, empereur et maître absolu
du pays, laisse la France en état de guerre, et jusque dans nos
modestes villages ce ne sont que réquisitions et levées
d'hommes continuelles. On sent, en compulsant les registres des délibérations
du conseil municipal, que, malgré les serments répétés
de fidélité à l'Empereur, le peuple, écrasé
d'impôts et de réquisitions, en a assez de ce maître
et souhaite ardemment un autre régime.
En 1814, c'est avec plaisir que les habitants de Montmorency acceptent
Louis XVIII comme roi de France, et le conseil municipal adresse à
celui-ci une longue lettre, d'où nous extrayons : "
c'est
avec une joie inexprimable et même en formant des vux à
la divinité pour la conservation de la maison des Bourbons sur
le trône de leurs illustres ayeux que humblement nous souhaitons
la bienvenue à notre roi."(4)
Ce qui ne l'empêche pas, d'ailleurs, le 23 avril 1815, au retour
de Napoléon I°, de jurer à nouveau fidélité
à l'Empereur et de faire hisser le drapeau tricolore au sommet
de l'église.
La guerre reprend, pour abattre celui qui a eu l'audace de rentrer en
France; c'est l'invasion de la France par les armées étrangères.
Un escadron de cavalerie bavaroise cantonne pendant 70 jours à
Montmorency. La commune fournit le vin, la viande, le pain, le cuir et
le fer. Dépense importante pour l'époque de 1.597 francs,
et les communes avoisinantes sont obligées d'aider Montmorency
à payer une telle somme. C'est qu'en effet la misère est
grande dans la commune, la guerre continuelle a ruiné les habitants
en hommes et en argent ; de plus, en 1816 et 1817, les récoltes
furent médiocres et la disette se fit vivement sentir.
Cette époque de la Restauration est surtout, pour la commune, une
période d'organisation, les maires successifs qui ont administré
Montmorency réglementent la vaine pâture des oies, des moutons,
des bêtes à cornes. Ils commence à délimiter
les chemins ruraux et s'occupent activement du moulin de Rosnay qui, par
son barrage, inonde la prairie et fait perdre à la population une
grande partie de son revenu.
1828._ L'administration forestière
interdit le rouissage du chanvre dans la Voire par mesure d'hygiène.
Les habitants protestent contre cette décision et demandent que
le chanvre soit roui à l'entrée de la pâture du Pré
aux Coudes.
1829._ La commune fait don à
l'école normale départementale d'une rente annuelle et perpétuelle
léguée à la commune par Nicolas Jacquot, ancien président
du grenier à sel.
1830._ La commune réorganise
la garde nationale, commandée par Jean-Baptiste Gombault ; elle
comprend 3 pelotons, 6 sections et, en tout, 104 hommes, dont 20 sont
armés. Cette même année, le conseil municipal prête
serment de fidélité au nouveau roi Louis-Philippe et se
sépare au cri de " vive le Roi ! Vive la Liberté !"
et paie, à la même date, la somme de 8 francs au sieur Bradier,
demeurant à Chavanges, pour avoir converti " le drapeau blanc
en drapeau tricolore. "
1831._ En 1831. Le roi Louis-Philippe
1° passe à Brienne ; en foule, la population va à sa
rencontre ; la municipalité donne aux indigents 0 fr. 75 pour leur
permettre de se rendre à Brienne, saluer le roi à son passage.
Le 27 décembre 1831, par ordonnance royale, Montmorency est désigné
comme lieu de rendez vous du bataillon des gardes nationales des communes
de Rosnay, Montmorency, Lentilles, Hampigny, Valentigny, Villeret, Yèvres
Rances, Blignicourt et Courcelles. M. Paré François(5),
demeurant à Yèvres, chef de bataillon, passe la revue de
tous les gardes nationaux sur le terre-plein de la Côte du Cavalier,
le 4 mars 1832. A cette prise d'armes, la municipalité de Montmorency
dépensa 8 fr. 40 pour la fourniture de 7 litres d'eau-de-vie et
2 francs pour les musiciens de Chavanges, qui jouèrent pendant
la cérémonie.
1833._ La commune fait l'acquisition
d'une pompe à incendie moyennant la somme de 2.100 francs. Officier
commandant la subdivision des sapeurs-pompiers : François Proquez;
sous-officiers : Nicolas Gauthier et Napoléon Adeline.
(4) Registre des délibérations
du conseil municipal.
(5) M.Nicolas Bezançon, d'Hampigny succède, en 1834, à
M.Paré.
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8.
Le second Empire
Louis-Napoléon Bonaparte, nommé président de la République
le 10 décembre 1848, envisage le rétablissement de l'Empire.
Après le coup d'état du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon
Bonaparte propose au peuple les bases d'une nouvelle Constitution, avec
un président responsable élu pour dix ans.
A Montmorency, le plébiscite a lieu sous la présidence de
M. Bulard, maire. Sur 137 électeurs, 133 approuvent Louis-Napoléon
Bonaparte, 4 seulement votent contre.
Mais en 1852, un senatus-consulte proposa au peuple le rétablissement
de la dignité impériale dans la personne de Louis-Napoléon
Bonaparte , avec hérédité dans sa descendance directe,
légitime ou adoptive.
Le rétablissement de l'Empire est adopté à une très
grande majorité et, dans notre commune, sur 135 électeurs,
134 votent pour le rétablissement de l'empire, 1 seul vote contre.
Le nouvel Empereur prit le nom de Napoléon III ; les membres du
conseil municipal lui prêtent serment de fidélité
et lui envoient la lettre suivante :
" A leurs Majestés l'Empereur
et l'Impératrice des Français.
Sire, vous avez sauvé la France de l'anarchie et vous avez rétabli
le trône impérial sur lequel l'illustre et puissant héros
dont vous portez si glorieusement le nom s'est assis il y a un demi-siècle.
Ce n'est pas assez, vous avez compris qu'une compagne manquait à
votre haute destinée, une compagne, disons-nous, qui pût
partager vos plaisirs et vos espérances.
La Providence veille sur vous, sire, elle vous a guidé dans l'estimable
choix que vous avez fait en vous donnant une épouse digne de vous.
Daignez donc agréer nos vux pour le bonheur de votre union.
Quant à vous, auguste Impératrice, qui avez voulu couronner
votre alliance et inaugurer votre règne par des actes généreux
et sublimes, dont le peuple, la famille, enfin la maternité, vous
en garderont un éternel souvenir : que vous êtes heureuse
et généreuse Impératrice de posséder l'amour
et le respect des français qui, glorieux d'appartenir à
la plus belle, à la plus civilisée des nations, publieront
avec un légitime orgueil qu'ils ont, pour souveraine, la plus sublime
des femmes ."
Il est inutile de dire que cette pompeuse adresse ne fut signée
que par six conseillers municipaux.
En 1867, nouvelle adresse à l'Empereur, à la suite d'un
attentat dirigé contre l'Empereur de Russie :
" Les membres du conseil municipal
de la commune de Montmorency.
A sa majesté Impériale.
Sire,
La nouvelle de l'odieux attentat
dirigé contre l'Empereur de Russie, l'Hôte auguste de la
France, a soulevé dans tous les curs un juste sentiment de
douleur et d'indignation.
Le conseil municipal s'empresse d'exprimer à Votre Majesté
sa douloureuse sympathie et le prie d'agréer l'hommage de son inaltérable
dévouement à la dynastie impériale. "
(suivent 6 signatures).
Le 15 juillet 1870, l'Empereur Napoléon
III déclare la guerre à l'Allemagne. Napoléon III
engageait follement la lutte, sans l'avoir préparée, et
sans avoir rien fait pour l'éviter.
Aussi nos armées vont-elles de désastres en désastres.
Les Prussiens arrivent à Montmorency le 25 août 1870, dévalant
les côtes environnantes. Les habitants, apeurés, quittent
vivement le village et se réfugient dans le bois de la " Fin
Champ ", emmenant avec eux leurs bestiaux. Les Prussiens ne restent
que le temps de se reposer et repartent rapidement vers Sedan, où
s'écroulera l'Empire.
A leur passage, aucun méfait ne fut signalé; seule une vache,
appartement à M. Pierre Toussaint, fut abattue pour les besoins
de leur armée.
De toute la guerre, les Prussiens ne revinrent cantonner à Montmorency.
Ce n'est qu'après l'armistice que leurs troupes occupèrent
le pays, où elles vécurent, dans le calme, aux frais de
la population.
Mais cette guerre devait coûter cher au peuple.
Le 14 décembre 1870, par ordre du roi de Prusse, le département
de l'Aube doit verser un million de contribution de guerre, destiné
à dédommager les propriétaires des bâtiments
Allemands capturés par les flottes françaises et à
secourir les Allemands qui ont été expulsés de France.
La quote-part de la commune est de 1.452 francs, à verser dans
un délai de dix jours.
" Je regretterais fort, dit le Baron de Stein, d'être contraint
à employer des mesures exécutoires par la force militaire,
si la somme n'était pas versée. "
Devant cette mise en demeure, la municipalité décide un
emprunt et émet un nombre suffisant de bons remboursables à
volonté dans le délai de deux années, au taux de
5%.
Le 21 décembre 1870, Montmorency doit verser 430 francs à
l'intendance militaire allemande, pour paiement de couverture de laine.
Le 13 janvier 1871, nouvelle contribution de guerre de 1.852 francs. La
commune doit payer, en outre, 60 francs de bas de laine, 300 francs pour
15 paires de bottes.
Le 28 janvier 1871, elle doit verser 220 francs pour 11 paires de bottes,
etc. Les réquisitions prussiennes se suivent et l'état de
situation résultant de l'occupation se détaille ainsi :
1° Contribution de guerre : 8.370 francs.
2° Réquisition en nature : 1.425 fr. 50.
3° Garnison et séjours payés aux habitants : 1.850 francs.
4° Location d'un corps de garde : 15 francs.
Soit une lourde charge de plus de
11.000 francs.
Les réquisitions en nature comprenaient 300 doubles décalitres
d'avoine, un cheval réquisitionné à Chatel Pie, une
vache appartenant à Pierre Toussaint. Par la guerre de 1870, Montmorency,
comme toute la France, était ruiné et perdait trois de ses
habitants : Lugnier Pierre, Barbolain Ernest, Chatel Emile.
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9.
La troisième République
Jusqu'en 1914, comme les peuples heureux, Montmorency n'a pas d'histoire.
Dans la paix, dans le travail rude de culture la vie se poursuit, monotone
et calme.
Nous ne voulons pas, ici, relater la guerre de 1914-1918, encore trop
présente dans toutes les mémoires .qu'il nous suffise de
rappeler que , gravés dans la pierre et dans nos curs, les
noms de : Simonin Albert, Buffet Ernest, Constant Léandre, Corby
Jean, Cousu Victor, Doré Henri, Pintat Alexis, Romand Louis, Fenard
Elisée, Boudelot Georges, Touttin Henri, rappellent leur sacrifice.
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10.
L'école
Une école existe, à Montmorency, depuis 1730 ; M. Picard
Joseph en est le premier maître, puis sont nommés instituteurs
à Montmorency : MM. Proquez Pierre (1756 à 1797) ; Caillat
Pierre (1797 à 1802) ; Petiot Nicolas (1802 à 1804) ; Verjat
François (1804 à 1835 ) Denizet Claude (1835 à 1866)
; Févre (1866 à 1867) ; Collot Alphonse(1867 à 1882)
; Paris Ernest (1882 à 1904) ;Vve Mathey (1905 à 1913) ;
Jeanne Charpin (1913 à 1919) ; Bouchalin Abel (1919 à 1924)
; Brandon Paul, Instituteur actuel.
Parmi ces instituteurs, il faut citer le sieur Verjat, médecin
et chirurgien; il a opéré des cures dignes de mémoire
et le succès qu'il a obtenu au cours des différentes épidémies,
de 1804 à 1815, ont laissé dans l'esprit des habitants d'impérissables
souvenirs.
Avant 1838, la commune ne possédait pas de maison d'école,
l'instituteur était chargé d'y pourvoir à ses frais.
En 1838, en vertu d'une ordonnance royale du 28 février 1837, la
commune de Montmorency acheta une maison aux héritier Adeline.
Mais l'autorité locale n'avait pas pris en considération
certains motifs qui la rendaient insalubre : ancien entrepôt du
grenier à sel, une humidité malsaine et persistante la rendait
impropre à être une école convenable et, par arrêté
en date du 29 novembre 1855, M . le Préfet de L'Aube interdit l'emploi
de cette maison et la commune est mise en demeure de se pourvoir Immédiatement
d'un nouveau bâtiment.
La maison d'école actuelle date de 1858 Construite entièrement
aux frais de la commune, elle a coûté 18.000 francs, somme
que la municipalité s'est procurée en vendant un pré
de 33 hectares, situé à Lentilles, et connu sous le nom
du Ham. A ce sujet, la décision de l'administration locale de l'époque
fut vivement critiquée. Pourtant, il est juste d'ajouter qu'un
référendum fait auprès de tous les habitants donna
les résultats suivants : pour la vente du Ham, 135 voix ; contre
la vente, 57 voix. L'effectif scolaire était, de 1730 à
1790, de 60 élèves environ des deux sexes ; en 1800, de
90 ; en 1820, de 80 ; en 1840, de 75 ; en 1870, de 40 ; en 1931, de 28.
Diminution qui provient de la dépopulation du village, puisque,
de 495 à 500 habitants de 1730 à 1850, la commune ne compte
plus que 200 habitants.
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11.
La Voire
Le finage de Montmorency est traversé par la rivière de
Voire.
La Voire, affluent de l'Aube, prend sa source à Sommevoire (Haute-Marne)
et, après avoir traversé une magnifique prairie, se jette
dans l'Aube à Chalette.
De tous temps, la Voire, par suite de ses inondations, à été
un sujet de soucis pour les habitants.
C'est qu'en effet, la Voire, recevant de nombreux petits ruisseaux, tributaire
de l'Etang de la Horre, a un lit peu profond. Ses inondations détruisent
très souvent les récoltes des prés, revenu important
pour les habitants de la commune.
MM. Mérendet, Derisson et Persin, ont relaté dans un ouvrage
tous les efforts faits par les communes riveraines pour éviter
ou tout au moins atténuer ces inondations.
Le travail le plus ancien qui ait laissé des traces est le canal
dit du Duc de Montmorency. Le 21 août 1556, François de Cléves,
duc de Nivernais, céda aux habitants d'Hampigny, Beaufort, Villeret
et Lentilles, la prairie du Ham, sous conditions de redevances annuelles.
Mais les habitants de Beaufort et des communes voisines refusaient souvent
de payer les redevances dues, prétextant que la prairie était
sujette à de fréquents débordements. C'est alors
qu'en 1690, pour éviter ces inondations, le Duc de Montmorency-Luxembourg
fit creuser un canal. En 1765, ce canal est prolongé par le canal
de Bange. Mais ce dernier canal ne put être terminé par suite
de l'opposition des religieux Minimes de Villiers, qui décidèrent
qu'aucun travail ne serait fait sur leurs propriétés.
En 1751, les habitants de Montmorency intentèrent un procès
à Berbier de Metz, comte de Rosnay, propriétaire du moulin
de Rosnay, prétextant que la retenue importante d'eau faite par
le barrage du moulin inondait toute la prairie.
Après un procès qui dura sept ans, le comte du Metz fut
condamné à payer aux propriétaires de prés
des communes de Montmorency, Blignicourt, Rances, Villeret, Hampigny et
Lentilles, 20.641 livres de dommages-intérêts. En outre,
il eut à payer 6.200 livres pour frais de procès et il fut
obligé d'abaisser de 25 pouces les retenues de son moulin.
De nouveaux procès furent intentés en 1776 en 1801, en 1831.
Le 29 décembre 1842, M. le Préfet de l'Aube nomme la première
Commission syndicale chargée de procéder aux études
relatives à l'amélioration du régime de la Voire.
Les efforts de cette commission furent stériles et, le 1er novembre
1853, une nouvelle Commission fut nommée, dont les résultats
ne furent pas meilleurs. Ce n'est que le 27 juillet 1892 qu'une nouvelle
commission aborda énergiquement la question du curage de la Voire
et la fit aboutir. Les travaux de curage furent terminés le 27
juillet 1901, à la satisfaction de la majorité des propriétaires
de prés.
Ce travail important, qui date de plus de 30 ans, a besoin d'être
refait, et la
mission syndicale actuelle s'y emploie activement.
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12.
Appendice
12.1. Liste des prêtres qui ont exercé
à Montmorency(6)
1573 - Ragon.
1608 - Brajeux.
1612 - Lemoyne.
1629 - Frissard.
1633 - La Muette.
1668 - Gonthier.
1670 - de Charmaison.
1680 - Guyon.
1710 - Gauthier.
1717 - Crespin.
1753 - Lefébure.
1763 - Mony Charles.
1790 - Baturier.
1803 - Gouot.
1820 - Brémont.
1881 - Pesme.
1886 - Gombault.
1891 - Pesme.
1928 - Chaumont.
(6) Nous n'avons pu trouver,
sur l'église, aucun renseignement précis. Elle fut construite au XI° siècle
mais restaurée en grande partie au XIX° siècle. La flèche du clocher,
haute de vingt mètres, fut démolie par la foudre et refaite en 1924. Quelques
statues et vitraux classés comme monuments historiques.
12.2. Liste des anciens maires depuis la création
de la municipalité
1790 - Révillon.
1792 - Courtalon.
1793 - Lefèvre Jean.
1794 - Vautier Pierre.
1795 - Lefol Louis-Eloi.
1800 - Bonescuelle-Surmont.
1804 - Gombault Jacques.
1813 - Laurent Jean-Baptiste.
1817 - Proquez Alexandre.
1826 - Bonnescuelle-Duplessis(7).
1831 - Gombault Jean-Baptiste.
1841 - Cuvelez Pierre.
1844 - Vauthier Nicolas.
1848 - Gravelle François.
1849 - Bulard Nicolas.
1852 - Gravelle François.
1853 - Perrin François.
1860 - Jacobé d'Arrenbécourt.
1868 - Perrin Jacques-François.
1870 - Jacobé d'Arrembécourt.
1890 - Perrin-Champagne.
1908 - Gallot Emille.
1912 - Perrin-Doré François.
1929 - Guerry Alphonse.
(7) M. Bonnescuelle-Duplessis
(Yves) mourut subitement à Bar-sur-Aube, au sortir d'une audience où il
venait de soutenir un procès de la commune contre le propriétaire du moulin
de Rosnay, dont l'élévation des vannes occasionnait l'inondation, par
la Voire, de 4.000 fauchées de pré.
12.3. Redevances Payées au Moyen-Age
au seigneur de Beaufort
Les hommes de la rue dite de l'Aumône
devaient suivre le seigneur dans les guerres privées et dans les
guerres d'intérêt public, secourir le château et en
réparer les murailles (1366).
Droits de coutume.- Il était
dû 3 deniers pour les hommes et 2 deniers pour les femmes.
Corvées.- Les laboureurs
donnaient 7 setiers(8), moitié froment, moitié
avoine, et 16 livres en deniers(9).
Droit de terrage.- La châtellenie
de Beaufort donnait au seigneur 14 muids ½ de froment et 19 muids
½ d'avoine.
Droit de moulin banal. -- Le moulin
de Tilleul payait 3 setiers d'avoine.
(8) Setier : ancienne mesure
qui valait environ 8 litres.
(9) Denier : douzième partie d'un sou.
12.4. Transaction entre M . le Duc de
Nivernais et les habitants et manants de Beaufort, Lentilles, Villeret,
Morcey, Hamtel et Surmont (21 AOUT 1556)
De cette longue transaction, nous extrayons ce qui suit :
"
les Habitants et Manants(10) de Beaufort, Lentilles,
Villeret, Morcey, Hamtel et Surmont, auront les pièces ci-après,
à savoir : 1° deux pièces de pâturages appelées
le grand et le petit Ham, assise au finage de Lentilles... 2°Le paquis
de la vigne l'Empéchières. 3°Les Vacheries. 4°Le
Marchat. 5°Les Gélinières. 6° Le paquis aux Planches.
7° Le paquis de la Chaussée. 8° Le paquis aux Loups. 9°
Le paquis des Moutattes. 10° Le paquis de la Guerle l'Illon. 11°
Le fourneau de l'Illon la Marchande. 12° Le paquis près la
Maladière de Beaufort. 13° Le paquis dans le vieil Etang 14°
L'Illon de Bourquemont. 15° L'Illon de la Saulx d'usage. 16° Les
Illons de Villiers. 17° Les Fins Champs l'Illon près le faux
vannage. 18° Les Illons près le moulin de Tilleux. 19°
L'Illon du vivier. 20° Les Illons et les pâtures d'Auberives.
21° Le paquis d'entre deux ponts. 22° Les Illons près de
Breuil. 23° Les Fourrières du Ban. 24° Les paquis de la
Tire Noue. 25° Les paquis de la Chaussée aux Roux et des Touches.
26° Les Illons étant en marais
"
"
pour jouir et user dorénavant par les dits habitants
de Hampigny, Beaufort, Villeret Lentilles, Morcey, Surmont et Hamtel aux
Planches en tout droit d'usage et pâturage pour y mener en tous
temps, heures et saisons toutes leurs bêtes, tant chevaux, juments,
bufs, vaches, porcs, qu'autres bêtes, avec le droit de pâturage
en tous temps, en tous les bois et forêts des dits Beaufort, tant
de çà qu'au-delà de la Horre
"
"
plus auront les dits habitants droit de pêcherie dedans
les rivières des Voires et Laynes, noues et ruisseaux d'icelles,
dès et depuis le lieu dit la Saule d'usage, étant au coin
du pré Pissot, jusqu'au moulin joignant l'abbaye de Boulancourt,
les murailles et fermetures de cette abbaye et jusqu'aux relais et chaussée
de la Horre
"
"
outre pourront les dits habitants aller avec une nacelle
sur les dites rivières, noues et ruisseaux toutes et quantes fois
que bon leur semblera pour la cueillette et charroi de leurs herbages
pourront, les dits habitants, roiser leurs lins et chanvres tant mâles
que femelles dès et depuis la mi-août jusqu'à la mi-septembre
"
"
auront aussi droit d'usage et pouvoir de prendre et cueillir
les fruits tant pommes que poires et noies, que autre venant exercées
sur les arbres étant ès-dits paquis , chemins voyeux des
dits lieux et finages
et si leur sera loisible et permis pour leur
commodité et affaires, et tant en général qu'en particulier
pour leurs bâtiments et autres nécessités, prendre
et charrier de la pierre de craie en et au dedans les grandes et petites
perrières du dit Beaufort, sans toutefois qu'ils en puissent mesurer
et abuser, ni en vendre à autrui
et seront et demeureront
les dits manants et habitants francs quittes et déchargés
et exemptés à toujours eux et leurs successeurs du dit droit
et redevance d'accensie(11) lequel, en se faisant demeure
entièrement aboli et annulé
"
"
Et moyennant les choses dessus dites, tous les dits habitants
et manants et leurs successeurs seront tenus payer et bailler par chaque
an perpétuellement aux comtes du dit Beaufort et à sa recette
du dit lieu de Beaufort à savoir :
" Chacun feu et chef d'hôtel pour une charrue entière
et labourant leurs terres ou les terres d'autrui la somme de douze sols
tournois, et ceux qui n'ont terre et labourant que demie charrue, huit
sols tournois et ceux qui sont de métier et ont maison et acoin,
labourant moins que demie charrue six sols tournois ; ceux qui ont bêtes
et ne font aucun labour par leur mains et chevaux à eux quatre
sols tournois ; et ceux qui n'ont terre ni bêtes, qui vivent à
leurs bras seulement deux sols six deniers tournois ; et les pauvres hommes
et femmes veufs douze deniers tournois. Les dites sommes payables
à deux termes et paiement par égale portion, assavoir Saint-Remy,
chef d'octobre la moitié et au jour de Quasimodo suivant l'autre
moitié
"
Mais il est à croire que les communes intéressées
éprouvaient des difficultés dans cette jouissance en commun,
car le 28 décembre 1845, par ordonnance de Louis-Philippe Ier toutes
les propriétés faisait partie de la transaction ci-dessus
sont partagées entre les différentes communes. La commune
de Montmorency reçoit en partage 92 ha.19 a. de prés et
terres, évalués, à cette époque, 82.538 francs
environ(12).
(10) Le mot manant n'était
pas pris dans le sens d'une injure mais désignait les sujets du seigneur
émanant du pays y demeurant.
(11) Droit de cencives : redevance payée à perpétuité sur seigneur.
Les habitants de Beaufort ayant bêtes trayant, étaient redevables, pour
acquitter ce droit, de 4 boisseaux de froment, 6 boisseaux d'avoine deux
sols six deniers tournois et de deux poulets. Le tout payable à la Saint-Remy
de chaque année.
(12) La commune de Longeville (Haute-Marne) recevait en partage 87ha.77a.
estimés 79000 francs. La commune de Puellemontier (hameau de Hamtel),
30ha. 98 estimés 30.000 francs. Celle de Lentilles, 82ha.70 estimés 72.350
francs. Celle de Villeret, 30ha. 62 estimés 26.800 francs. Celle de Hampigny,
78ha. 99 estimés 71.116 francs.
12.5. Personnages célèbres
nés ou ayant habité Montmorency de 1657 à 1793.(13)
DESCHAMPS (François-Michel-Chrétien), auteur dramatique,
né à Montmorency en 1683, mort à Paris le 10 novembre
1747. Fils d'un gentilhomme ancien capitaine de cavalerie. Il eut pour
parrain le ministre Louvois. Il fit représenter au théâtre
français, le 25 janvier 1715, une tragédie en 5 actes, ayant
pour titre : Canton d'Utique. (d'après E.Soccard, Biographie des
personnages de Troyes et du département de l'Aube, 1882).
DELALAIN (Nicolas), procureur du roi au Grenier à sel (1657).
LEMOINE (Jacques), procureur fiscal au duché de Beaufort (1661).
CHARUET (Noël), docteur en médecine à Beaufort (1671).
SALIGNY ( DE) (Jean-Baptiste), avocat au parlement et lieutenant particulier
au bailliage de Beaufort (1671).
DE LA MARCHE (Henry), président au grenier à sel (1678)
LEFEVRE (Jean), contrôleur au grenier à sel et notaire au
bailliage de Beaufort (1682).
MAURY (Henry), lieutenant général au comté de Rosnay
et lieutenant particulier au duché de Beaufort. Inhumé dans
le chur de l'église de Beaufort, en 1729.
DESBEUX (Jean), gruyer au grenier à sel (1704)
GILLES LE FONDEUR, conseiller du roi au grenier à sel de Montmorency
(1706).
LALAIN (DE) (Ambroise), maître chirurgien à Montmorency (1706)
SANDRAS (Thomas), chirurgien à Montmorency (1707).
MARTIN (Noël), lieutenant général au duché de
Montmorency (1711).
LESEURRE (Pierre), notaire au duché de Montmorency (1726).
MARRAY (DU), conseiller du roi et receveur au grenier à sel (1740).
LEU (Jean - Bernard ), prêtre, docteur en Sorbonne, prieur du prieuré
de Villiers (Montmorency) (1754).
JACOBE DE VIENNE (Gilles- Joseph), avocat au Parlement, bailli et lieutenant
du duché de Montmorency (1762).
JACOBE (Charles-Louis), gendarme de la Reine (1764).
DENIZET (Jean), notaire au duché de Montmorency (1770).
JACQUOT (Nicolas), conseiller du roi, président du grenier à
sel (1772).
CAUZON, ingénieur de Monseigneur le Duc de Montmorency (1787).
MONTIGNEUL (Antoine), avocat au Parlement, notaire au bailliage et duché
de Montmorency (1787).
TOUSSAINT (Pierre-Jean), recteur d'école à Courcelles (1791).
ADELINE (Charles-Nicolas), procureur de Montmorency (1793).
(13) D'après les registres
de l'Etat-civil.
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Montmorency, le 10 mai 1932.
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